Le Laos

Le Laos

Le Laos, situé en Asie du sud-est, compte aujourd ’hui 5,6 millions d ’habitants, dont la moitié a moins de 25 ans. La cardiologie n ’y était récemment que faiblement développée, la chirurgie cardiaque inexistante. Pourtant dans le domaine des pathologies cardiaques, les besoins du pays sont immenses.

En effet, les indicateurs sanitaires fournissent des renseignements précis concernant le développement des maladies au Laos.

Chez l ’adulte, ces maladies sont déjà responsables d ’environ 20% de la mortalité et de la morbidité hospitalières. Les principales cardiopathies en cause sont les valvulopathies rhumatismales et les cardiomyopathies. Il faut noter l ’importance de l ’hypertension qui intéresse 40% des maladies cardio-vasculaires et 15% environ de la population générale.

Chez l ’enfant, les enquêtes ont permis d ’observer des cardiopathies chez 5-10/1000 des enfants scolarisés. Dans la moitié des cas, il s ’agit de valvulopathies congénitales complexes parmi lesquelles prédominent les communications interventriculaires et interauriculaires, la tétralogie de Fallot et la persistance du canal artériel.

En raison du taux de natalité élevée, la population devra doubler vers l ’an 2014. L ’espérance de vie est nettement plus courte que dans les pays développés. Le taux de mortalité infantile et maternelle est particulièrement important dans les régions montagneuses, un des plus élevés de notre planète. Depuis que nous travaillons à l ’Hôpital Mahosot à Vientiane, nous nous sommes rendus compte que les maladies cardio-vasculaires deviennent un problème majeur de santé publique. Parmi celles-ci figurent les affections valvulaires rhumatismales post-streptococciques, les cardiopathies congénitales, les cardiopathies ischémiques et l ’hypertension artérielle.

Grâce à une organisation et à une gestion rigoureuse, l ’opération à cœur ouvert peut devenir accessible à tous. Le choix des techniques médicales de pointe et la chirurgie cardiaque réparatrice placent l ’ADS au point de jonction de l ’aide humanitaire et du transfert en technologie. En effet une intervention chirurgicale simple permettrait de guérir définitivement les enfants lao en leur offrant ainsi une vie normale et équilibrée.

Historique

L ’ADS est active à l ’Hôpital Mahosot depuis 1998. Nous y assurons les consultations de cardiologie avec nos amis cardiologues lao, en compagnie desquels nous avons mis en place les premiers pacemakers en 1998.

Ensemble, nous avons également participé à:

  • La création d ’une unité de surveillance intensive avec l ’apport de moniteurs.
  • L ’apport de médicaments à visée cardiologique.
  • La mise en place d ’un plateau technique avec échographie.
  • La mise en place d ’un plateau pour épreuves d ’efforts.

Les consultations à l ’appui d ’une formation en cardiologie ont permis la détection de malades porteurs de maladies post-rhumatismales. Un certain nombre de ces malades ont déjà bénéficié d ’une intervention à cœur ouvert à Hué au Vietnam par les chirurgiens Vietnamiens que l ’ADS a formés à Luxembourg et à Strasbourg. Ce site à Hué nous paraissait un lieu privilégié en raison d ’une distance peu importante entre les deux villes et d ’autre part en raison de la situation environnementale.

L ’ADS participe d ’ailleurs depuis 3 ans à la formation de médecins lao:

  • 2 médecins cardiologues.
  • 3 anesthésistes.
  • 1 chirurgien cardiaque.

Nous nous sommes rendus compte, lors de notre mission au Laos fin août 2001, que quelques enfants sont malheureusement déjà décédés suite à leurs malformations cardiaques et faute de n ’avoir pu bénéficier à temps d ’une chirurgie salvatrice à temps. C ’est la raison pour laquelle l ’ADS a évalué la faisabilité d ’une chirurgie des valvulopathies post-rhumatismales au Laos à l ’Hôpital Mahosot qui est l ’hôpital de référence du pays. Cet hôpital dispose de 450 lits, dessert une population de 400 000 habitants et est dépendant du Ministère de la Santé Lao; par ailleurs il a un rôle d ’enseignement majeur puisque 2000 étudiants et 110 chargés de cours sont inscrits à la faculté de médecine.

Néanmoins, le service de cardiologie actuel n ’est absolument pas adapté à abriter un service de réanimation cardiologique et un service de chirurgie-cardiaque efficaces. D ’un commun accord avec le Ministère de la Santé, le Dr Ponmek DALALOY, et en attendant la démolition et la reconstruction du nouveau bâtiment devant abriter un nouvel institut lao-luxembourgeois du cœur, nous avons opté pour une solution intermédiaire; c ’est-à-dire faire de la chirurgie cardiaque dans un hôpital en périphérie et qui est mal adapté à recevoir de la chirurgie cardiaque. C ’est avec grand succès que le Prof. Bernard EISENMANN de la faculté de Médecine de Strasbourg (F), vice-président de l ’ADS, y a réalisé en mars 2002 les premières interventions chirurgicales à cœur ouvert, jamais réalisées au Laos.

Le recrutement des malades se fait par les cardiologues lao à Mahosot et par les médecins cardiologues de l ’ADS. Plus de 300 nouveaux cas sont décelés chaque année, ce qui rallonge considérablement la liste d ’attente des interventions chirurgicales. Celles-ci nécessitent un effort de personnel et de logistique très important, ce qui nous oblige à réduire les interventions chirurgicales à un maximum de 4 missions par an. Il est notamment très difficile de réunir en même temps 2 chirurgiens cardiaques, 3 anesthésistes, 1 ingénieur bio-médical, 1 cardio-pédiatre, 1 cardiologue, 1 infirmière de soins intensifs,1 infirmière-instrumentiste, 1 perfusionniste et 1 pompiste.

Les premières interventions ont été un grand succès. Cependant le chemin à parcourir jusqu ’à ce que le Laos ait sa propre autonomie dans le domaine de la chirurgie cardiaque est encore long .

Notre plus grand souhait est qu ’en l ’an 2009 les premiers chirurgiens lao puissent réaliser leurs premières opérations cardiaques dans le nouveau bâtiment de l ’hôpital de Mahosot, c ’est-a-dire: l ’Institut lao-luxembourgeois du coeur.